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    Burkina Faso : Fin de l’intervention d’urgence contre la dengue

    Burkina Faso : Fin de l’intervention d’urgence contre la dengue

    Lorsque le ministère de la Santé du Burkina Faso a appelé à l’aide pour répondre à une épidémie de dengue, ALIMA et ses partenaires, SOS Médecins Burkina Faso et KEOOGO, ont commencé à soutenir la réponse du gouvernement le 18 novembre dans trois hôpitaux de la capitale Ouagadougou, zone où la majorité des cas étaient concentrés.

    La flambée semble maintenant ralentir, mais plus de 2 500 personnes ont contracté la dengue entre août et décembre et au moins 20 d’entre elles sont décédées. Il s’agit de la plus importante épidémie de dengue jamais signalée dans le pays. La dernière flambée de la maladie remonte à 2013.

    Nous nous sommes entretenus avec le docteur Fatoumata Mabeye Sidikou, coordinatrice du projet d’urgence dengue du consortium au Burkina Faso.
    Pour commencer, pouvez-vous expliquer ce qu’est la dengue?


    La dengue est une maladie transmise par les moustiques de type Aedes. Elle se manifeste par de nombreux symptômes tels que douleurs articulaires, fièvre élevée et vomissements. Ces symptômes peuvent être relativement proches des symptômes du paludisme, ce qui explique en partie les retards en termes de diagnostic. Dans certains cas, la fièvre devient hémorragique et des saignements s’ajoutent aux symptômes classiques. La maladie peut être diagnostiquée grâce à des tests de diagnostic rapide. Seuls les symptômes peuvent être traités, et les cas les plus graves peuvent nécessiter des transfusions sanguines.


    Le moyen le plus efficace de lutter contre la dengue est de détruire les sites de reproduction des moustiques et de protéger la population contre les moustiques (en encourageant à porter des vêtements longs, utiliser un insecticide, éviter de conserver l’eau stagnante …).


    Pourquoi ALIMA et ses partenaires ont-ils décidé de lancer une intervention d’urgence contre l’épidémie?


    Pour cette épidémie, ALIMA voulait soutenir le Ministère de la Santé car il y avait réellement un manque de soutien au Ministère en ce qui concerne l’aspect opérationnel, concernant le soutien aux hôpitaux, en ce qui concerne l’aspect logistique, en termes de TDR [Tests de diagnostic rapide], de médicaments, d’analyses de laboratoire, de coût des examens, entre autres. Par exemple, jusqu’à ce que nous envoyions 2 100 TDR, il n’y avait pas assez de tests disponibles dans le pays [pour diagnostiquer correctement les gens]. Les autorités ont donc été heureuses de les recevoir. En outre, pour les patients qui n’ont peut-être pas accès aux soins de santé ou pour les patients qui n’ont pas les moyens de faire l’examen, nous leur avons offert la possibilité de faire le test et d’avoir accès à des soins gratuits. Nous voulions soutenir les hôpitaux pour soigner les patients.


    Quel type de soutien ALIMA et ses partenaires ont-ils fourni?


    En plus de l’envoi des TDR, nous avons commencé à traiter les patients à la fin de la semaine 45 [18 novembre], à l’hôpital Yalgado et plus tard dans deux hôpitaux de district, Bogodogo et Kossodo. Il s’agissait notamment de fournir des médicaments et de soigner les cas de dengue les plus compliqués, comme les cas hémorragiques, les patients comateux et les cas de choc. 70 patients ont été traités dans les 3 structures sanitaire depuis le début. ALIMA et ses partenaires continuent également à soutenir le Ministère de la Santé pour la formation du personnel médical. Prés de 300 personnels soignants ont été formés sur la prévention de la dengue, la meilleure façon de prendre soin des patients atteints de dengue, etc. Cette formation est donc en cours et il sera important à court et à long terme pour mettre fin à cette épidémie et pour faire un suivi épidémiologique de la dengue au Burkina Faso à l’avenir.


    Le deuxième aspect important est la pulvérisation d’insecticide dans les centres de santé et les foyers des patients. Grâce au support de ALIMA, 50 structures sanitaires et leur entourage proche ont été pulvérisés. C’est vraiment important si vous voulez mettre fin à ce genre de maladie.


    En même temps, nous avons lancé des campagnes de communication. Nous avons travaillé avec les autorités locales pour éduquer les communautés sur la dengue : qu’est-ce que la dengue, comment s’en protéger et où obtenir des soins. Cela a été fait par des animations et la diffusion de plus de 7 000 affiches et dépliants.


    Quels ont été les défis rencontrés?


    Au Burkina Faso, la dengue n’est pas bien connue. Les gens contractent la dengue mais pensent que la fièvre et les maux de tête sont des signes du paludisme, ils ne pensent pas à la dengue. Donc, ils traitent le paludisme en premier et réfléchissent à d’autres questions plus tard, et cela retarde le traitement de la maladie elle-même. Avant que l’épidémie ait été déclarée, cela a créé beaucoup de problèmes pour les patients parce qu’ils attendaient trop longtemps pour se faire soigner. C’est pourquoi les messages de sensibilisation étaient si importants.


    En outre, au début de l’épidémie, avant que la réponse ne commence, beaucoup de gens qui sont venus à l’hôpital n’avaient pas les moyens de payer le traitement. Donc, ils allaient à cet endroit où ils ont vu des patients mourir, mais ils n’avaient pas les moyens d’acheter les médicaments et donc ils partaient. Nous devions nous assurer que les gens savaient que le traitement des cas simples et graves était gratuit dans les hôpitaux que nous soutenions.


    L’intervention d’urgence a pris fin le 26 décembre. A-t-elle été un succès?


    Je pense que nous avons eu un très bon impact. Nous avons aidé beaucoup de patients, nous avons formé beaucoup de personnel médical. Donc oui, c’était un succès. Mais, mais nous pouvons aussi dire que la réponse est venue un peu tard. Si la prochaine fois, par exemple, nous intervenions un peu plus tôt, l’impact serait encore plus grand. C’est l’une des leçons apprises. Mais ceci est lié au fait qu’il s’agit d’une nouvelle maladie au Burkina Faso et qu’elle est liée au fait qu’aucun « seuil épidémique » (nombre de cas nécessaires avant sa déclaration d’épidémie) n’a été défini au Burkina Faso pour ce type d’épidémie. Donc, si nous ne connaissons pas le seuil épidémique, il est difficile d’apporter une réponse à temps. Mais avec cette épidémie, nous avons tous appris, et la prochaine fois, nous saurons comment intervenir à temps et comment agir avant d’atteindre la phase descendante du pic.

    ALIMA travaille au Burkina Faso depuis 2012. Actuellement, ALIMA met en oeuvre deux projets médico-nutritionnels dans les districts de Yako et Boussé. Près de 4 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère ont été admis dans les programmes nutritionnels d’ALIMA entre janvier et octobre 2016.


     


    ALIMA est une organisation médicale humanitaire indépendante fondée en 2009. ALIMA vise à apporter des soins médicaux de qualité dans des zones à forte mortalité et à améliorer la pratique de la médecine humanitaire en développant des projets innovants. Au Burkina Faso, ALIMA travaille avec deux organisations médicales nationales, SOS Médecins et Keoogo. Les projets d’ALIMA au Burkina Faso sont financés par l’office humanitaire de la Commission européenne (ECHO).


    Photo : Sophie Garcia / ALIMA


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